BLIND EQUATION - A Funeral In Purgatory
- Ale
- 11 sept. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 13 sept. 2025

Genre : Cybergrind
Pays : Etats-Unis
Label : Prosthetic Records
Date de sortie : 18.07.25
J’avais l’impression de découvrir un tout nouveau groupe aux sons intéressants... avant de me rendre compte que j’avais déjà chroniqué le précédent album de Blind Equation il y a deux ans de cela. Oupsie! En relisant la critique, l’album m’avait beaucoup plu pourtant. Je blâme le rythme effréné de sorties, et les désormais très (trop?) nombreuses découvertes musicales qui sortent constamment... cela devient compliqué d’écouter tout, et de se souvenir de tout ! Gageons que ce “A Funeral In Purgatory” se fixera plus durablement dans ma mémoire.
Je ne suis toujours pas franchement sûr de ce qu’est le “cybergrind”, si ce n’est que le genre semble s’inspirer de pas mal de styles musicaux contemporains. J’évoquais plic-ploc Master Boot Records, Arottenbit, la nintendocore, les jeux video plus globalement... Et cette fois, l’artwork de l’album fait totalement pensé aux innombrables mix “breakcore” qui pullulent sur Youtube. Au rang des nouveautés, le press kit parle d’éléments gothiques et de doom/death, en plus d’un opus plus calibré pour le live. Dans les faits, ça se vérifie immédiatement avec “This Eternal Curse”, qui rappelle à nouveau le travail de MBR dans ses sonorités, mais nous place dans un gros rouleau compresseur death, avec le chant éraillé qui va avec. “Nothing” fonce pieds-joints dans la breakcore assez typique, en plus musclé et hurlant quand même ! On continue ainsi pendant toute la première partie de l’opus, jusqu’à plus soif. C’est foutraque et péchu, bruyant et énervé... mais un peu répétitif aussi.
Jusqu’à “Mourn” en tout cas, qui est bien plus minimaliste et contemplative, et s’inscrit encore plus fortement dans une dimension “retrogaming” avec ses allures de thème sombre et triste, quoique posé. Le titre à le ton grave et lourd, le rythme plus lent, et la colère transformée en désespoir. A titre personnel, c’est la vraie bonne surprise de la galette. Après cette sympathique parenthèse, le trio revient aux sources avec “Relinquished Dreams”, qui s’offre le luxe d’un pont mélancolique, poétique et enragé, qui le fait un peu ressortir du lot. “Still” est peut-être encore plus épuré que “Mourn”, et se veut même lumineux et relaxant, avec son petit piano et ses sons lointains de cathédrale... Une vraie praline d’une rare douceur au milieu du chaos electronique du reste de l’opus. Le titre tranche avec le reste, et ça le rend que plus fort encore ! “Incomplete” est, ironiquement, le titre le plus long de l’album, et propose quelques chouettes fulgurances électroniques des plus sympathiques et le retour en force de la breakcore ! Toujours pas franchement fan du chant... mais c’est un avis personnel. “Nothing” semble prolonger “Incomplete”, pas grand chose à dire dessus, si ce n’est qu’il se termine telle une machine qui s’eteint, avec de la gratte bien grasse et un tempo qui s’étiole doucement.
En soit, le principal souci de Blind Equation, c’est peut-être qu’ils manquent un peu de folie et de diversité. Chaque morceau est très bon pris indépendamment, mais plus de la moitié de l’album se mute et fini par avoir le même goût. Tant et si bien que les titres les plus marquants sont les deux qui sortent du lot, et prennent le temps de lever le pied pour offrir une experience plus contemplative. Non pas que le joyeux bordel soit une tare en soit, et la breakcore reste plutôt cool malgré son omniprésence en ligne. Mais ce “A Funeral In Purgatory” est un peu trop convenu, tout simplement.





